Dolmen de la Bajoulière : localisation, histoire et randonnée

Le dolmen de la Bajoulière se trouve à Saint-Rémy-la-Varenne, en Maine-et-Loire.

  • 8 dolmens dans un rayon de 7 km.
  • 7 menhirs alignés vers Le Thoureil.
  • Hypothèse d’une voie des morts vers le village néolithique.
  • Classé Monument Historique en 1936.
  • Utilisé comme chapelle en 1144 par les religieuses de Nyoiseau.
  • Intégré à des sentiers balisés pour la randonnée et le vélo.

Localisation et situation géographique du dolmen de la Bajoulière

Le dolmen de la Bajoulière se dresse dans un environnement qui explique en grande partie son intérêt patrimonial. Pour préparer votre visite, voici l’essentiel à retenir sur sa situation.

  • Commune et département : Saint-Rémy-la-Varenne, en Maine-et-Loire
  • Coordonnées GPS : disponibles sur les fiches patrimoniales officielles
  • Densité mégalithique : 8 dolmens dans un rayon de 7 km
  • Alignement de menhirs : 7 menhirs alignés vers Le Thoureil
  • Hypothèse scientifique : possible « voie des morts » reliant le dolmen au village néolithique

Un site au cœur d’un ensemble mégalithique dense

Le dolmen se situe à Saint-Rémy-la-Varenne, dans le département du Maine-et-Loire. Ce secteur concentre un patrimoine mégalithique remarquable : on recense 8 dolmens et 14 menhirs dans un rayon de 7 km autour du monument.

Cette densité n’a rien d’anodin. Elle témoigne d’une occupation humaine structurée à l’époque néolithique, où les communautés érigeaient ces monuments en lien étroit avec leur territoire et leurs pratiques funéraires.

L’alignement des menhirs et l’hypothèse de la voie des morts

À proximité immédiate, 7 menhirs alignés se dirigent vers le village néolithique du Thoureil. Cette configuration a conduit l’archéologue C. Fraysse à formuler une hypothèse : celle d’une possible « voie des morts », un cheminement rituel reliant le dolmen aux lieux de vie des communautés néolithiques.

Cette hypothèse reste discutée, mais elle donne à la visite une dimension supplémentaire. Le promeneur ne découvre pas seulement un monument isolé : il parcourt un paysage mégalithique cohérent, où dolmens, menhirs et points de peuplement s’éclairent mutuellement.

Historique du dolmen de la Bajoulière

dolmen de la bajoulière

La première mention écrite du monument apparaît dans le cartulaire de l’Abbaye Saint-Aubin d’Angers, qui atteste son existence au Moyen Âge. En 1144, les religieuses de Nyoiseau utilisent le dolmen comme chapelle, détournant la chambre sépulcrale de sa fonction funéraire d’origine.

En 1812, J.F. Bodin localise l’édifice sous le numéro 22 dans son inventaire des mégalithes de la région. Une lithographie de Godard fils est publiée en 1865 dans l’inventaire de Millet de la Turtaudière, et la plus ancienne photographie connue du site remonte à 1890.

Le dolmen est finalement classé Monument Historique en 1936, reconnaissant sa valeur patrimoniale. Les recherches menées par Gruet et Passini ont ensuite précisé sa connaissance, avec une publication dans le Bulletin du G.V.E.P. consacrée à sa fouille et à sa restauration.

Itinéraires de randonnée et vélo autour du dolmen

Le dolmen de la Bajoulière s’intègre dans un réseau de sentiers balisés qui ravira les marcheurs comme les cyclistes. La boucle la plus directe part du village du Thoureil et rejoint le monument en traversant un paysage de vignes et de bois.

Itinéraire Départ Distance Niveau Points d’intérêt
Boucle De Loire et Forêt Le Thoureil 9,46 km Modéré Dolmen de la Bajoulière et dolmen de Cumeray
Boucle Dolmen de Cumeray La Genaudière Environ 9 km Modéré Deux dolmens et bords de Loire
Variante Gennes-Val-de-Loire Gennes-Val-de-Loire Variable Tous niveaux Patrimoine mégalithique et panoramas ligériens

La boucle De Loire et Forêt depuis Le Thoureil

Cette boucle de 9,46 km, soit 5,9 miles, est la plus fréquentée pour découvrir le dolmen. Elle relie le dolmen de la Bajoulière au dolmen de Cumeray en passant par le hameau de la Genaudière. Le tracé est accessible aux marcheurs de niveau modéré et ne présente pas de difficulté technique majeure.

Le départ se fait depuis Le Thoureil, village labellisé Petite Cité de Caractère. Comptez environ deux heures de marche pour boucler l’ensemble du parcours.

Où stationner et comment accéder au site

Les parkings les plus pratiques se trouvent au Thoureil et à Gennes-Val-de-Loire. Le dolmen est ensuite accessible à pied par des chemins ruraux balisés. Prévoyez des chaussures adaptées, car certains tronçons traversent des sous-bois humides.

Pour les cyclistes, les petites routes de campagne autour du site offrent un parcours vallonné mais roulant. Le dolmen de la Bajoulière constitue une étape idéale à mi-parcours entre Le Thoureil et Gennes.

Combiner la visite avec d’autres mégalithes

Le secteur concentre 8 dolmens et 14 menhirs dans un rayon de 7 km. Une même sortie permet donc de découvrir plusieurs monuments en une seule journée. Les 7 menhirs alignés vers le village néolithique du Thoureil valent également le détour pour compléter la visite.

Architecture et description du dolmen de la Bajoulière

Structure de la chambre sépcrale

Le dolmen de la Bajoulière appartient à la famille des dolmens de type angevin, un groupe architectural bien identifié dans le Saumurois et le Val de Loire. Il présente la variante la plus monumentale de ce type, celle des grands dolmens à chambre vaste, souvent qualifiés de type A dans la littérature archéologique régionale.

  • Type angevin, variante A : la plus grande et la plus soignée des chambres angevines.
  • Forme presque carrée : plan massif, aux angles nettement marqués.
  • 8 orthostates : dalles dressées délimitant tout le pourtour de la chambre.
  • 2 orthostates par côté : répartition régulière sur chaque paroi.
  • Un orthostate renversé : dalle basculée à l’intérieur de la chambre.

La chambre est délimitée par 8 orthostates, soit 2 par côté, ce qui distingue nettement la Bajoulière des dolmens plus simples du secteur. Cette répartition symétrique des piliers donne au monument une silhouette presque carrée, particularité rare dans le mégalithisme armoricain.

L’un des orthostates est aujourd’hui renversé à l’intérieur de la chambre, un détail qui intrigue les visiteurs et qui témoigne des perturbations subies par l’édifice au fil des siècles. Cette dalle tombée n’entrave pas la lecture du plan d’origine, mais elle rappelle la fragilité de ces architectures de pierre sèche.

Dimensions et particularités du monument

Le plan de la chambre est légèrement trapézoïdal sur ses côtés latéraux, ce qui donne à l’ensemble une forme presque carrée mais jamais strictement régulière. Cette irrégularité est typique des dolmens angevins, dont les constructeurs adaptaient le tracé aux dalles disponibles plutôt qu’à un modèle géométrique rigide.

La Bajoulière se singularise aussi par ses dimensions : il s’agit du plus grand dolmen de type A recensé dans la région, ce qui lui confère une valeur patrimoniale de premier plan. Son gabarit imposant, allié à la qualité de son appareillage, explique pourquoi le monument a été classé Monument Historique et pourquoi il figure dans les principaux inventaires mégalithiques du Maine-et-Loire.

Mobilier archéologique découvert sur le site

Le dolmen de la Bajoulière a livré un mobilier archéologique modeste mais révélateur. Les fouilles mentionnent des éclats de silex peu façonnés, typiques d’une occupation néolithique, ainsi qu’un fragment de maxillaire humain confirmant la fonction sépulcrale du monument. Ces vestiges, datés du Néolithique, constituent les traces les plus anciennes de fréquentation du site.

Les recherches ont également mis au jour 2 fragments de hache polie, objets emblématiques du Néolithique souvent déposés en contexte funéraire. Leur présence renforce l’hypothèse d’un usage rituel et collectif de la chambre sépulcrale, avant que le site ne connaisse d’autres occupations.

Point important pour le visiteur : l’intérieur du dolmen a été remanié à l’époque gallo-romaine. Le monument semble même avoir été habité durant cette période, ce qui explique en partie la dispersion du mobilier initial. Cette réutilisation tardive, fréquente sur les mégalithes angevins, complique la lecture archéologique du dépôt funéraire d’origine.

Fouille et restauration du dolmen de la Bajoulière

Le dolmen a fait l’objet d’une campagne de fouille et de restauration dont les résultats ont été publiés dans le Bulletin du G.V.E.P. par Gruet et Passini, sous le titre « Fouille et restauration d’un grand Dolmen Angevin ». L’étude, consacrée à La Bajoulière en St-Rémy-la-Varenne, occupe les pages 7 à 11 du bulletin n°7.

Ces travaux ont permis de mieux comprendre l’état de dégradation du monument et les remaniements subis au fil des siècles. La restauration visait à consolider les orthostates et à redonner au dolmen sa physionomie d’origine.

Pour le visiteur, cette publication reste une référence scientifique précieuse. Elle éclaire la lecture du site et complète les informations disponibles sur les fiches patrimoniales officielles, utiles avant ou après la visite.